samedi, 25 mars 2006
Un CDI pour mon copain ?
Cher lecteur, chère lectrice,

Mon petit ami (je pense que l'on dit toujours comme ça aujourd'hui, ou peut-être suis-je déjà complètement à la masse par rapport à ce qui ce fait, bref). Je disais donc avant d'être interrompue par mon cerveau divagant, mon petit ami, qui est absolument formidable (et très gentil, prépare les repas, me fait des massages, fait la vaisselle, me laisse regarder des séries drôles mais débiles, etc.), est actuellement en ce qu'on appelle communément "recherche d'emploi".
Bien, que cela ne m'arrange pas du tout au niveau de l'intendance de mon appartement, il serait bon pour son équilibre personnel qu'il trouve ce qu'il cherche.
Alors, si toi, oui toi (je sais, tu as déjà entendu ça quelque part, et ne te cures pas le nez quand je te parle), tu étais, par le plus grand des hasards en position pour lui offrir ce dont il rêve (un travail) je vais t'expliquer ce qu'il aimerait : juste devenir chef de produit, pourvu que le métier ait un intérêt minimum. Il a déjà d'ailleurs beaucoup travaillé dans la musique, ce qui m'a permis de voir beaucoup de concerts (ouaaaaaaaaaiiiiiiiiiiisssssss). Donc, si tu comprends bien, il serait cool, pour mon équilibre personnel, que tu lui proposes quelque chose.
Il n'a qu'un seul défaut : il est très perfectionniste... oui, je sais ça paraît débile, mais le pire c'est que c'est bien réel...
Bon, je te gonfle et c'est bien normal. Mais il est bon de communiquer sur ses soucis et je crois en toi, je crois en ce monde formidable, et je crois que ceux qui écrivent sur les blogs pour protester contre le CPE devraient retourner en CP pour apprendre l'orthographe.
Embauche mon tcheum, il te le rendra bien.
Allez @++
23:05 Publié dans info/intox | Lien permanent | Commentaires (119) | Envoyer cette note | Tags : Liberté
mardi, 29 novembre 2005
Moi, Anne-Sophie, ex-pirate

Poursuivie pour téléchargement illégal, elle attend son procès. Et s'est remise au vinyle. Rencontre avec Anne-Sophie Lainnemé, un an après.
Tout commence par un gros plan. Son visage coiffé d'un casque, les yeux clos, en une de Télérama. Son minois enfantin, piqué de taches de rousseur, placardé en devanture des kiosques, un peu partout en France. Souriant sous une guillotine invisible : trois ans de prison et 300 000 euros d'amende. Après une plainte déposée par les producteurs de disques pour piratage de musique via Internet. C'était il y a un an. « Ensuite, ce fut l'effervescence, tout le monde voulait s'arracher la bête curieuse », raconte-t-elle aujourd'hui. Anne-Sophie Lainnemé est invitée dans les émissions d'Emmanuel Chain, de Valérie Bénaïm, de Christine Ockrent. A chaque fois, elle s'explique, se défend, se révolte. Sur les plateaux de télé, elle croise le ministre Renaud Donnedieu de Vabres, Denis Olivennes, patron de la Fnac, ou Vincent Frèrebeau, du label tôt Ou tard, avec lequel elle sympathise. Jamais Pascal Nègre, qu'elle espérait rencontrer, « mais, hélas, ça n'a jamais marché ». Dommage. « J'aurais voulu lui faire comprendre qu'il s'était trompé de cible et de méthode. Ce n'est pas la faute des internautes si les maisons de disques ont loupé le coche du numérique, si elles n'ont pas pris cette révolution au sérieux. » Un an après, son discours reste vif...
La célébrité s'arrête là. Personne ne l'a alpaguée dans la rue. Seuls quelques vieux amis ont refait surface. Certains la félicitant pour son cran, d'autres la mettant en garde. Elle n'a pas reçu de lettres de soutien, mais a vu son nom circuler sur un nombre conséquent de forums de discussion. « Des internautes ont cru que j'étais manipulée par les médias, ou même que j'étais une comédienne au service des majors. » Son histoire utilisée comme arme de dissuasion massive, pourquoi pas ? Sauf que non.
Anne-Sophie n'avait pas prévu d'être médiatisée. Elle avait envoyé une lettre à Télérama « comme on jette une bouteille à la mer », visant au mieux le courrier des lecteurs. « Juste pour ne pas me retrouver seule, dans le flou, avec ça sur le dos. » Ça ? Des poursuites pour téléchargement illégal et mise à disposition, via le logiciel Kazaa, de mille cinq cents morceaux de musique. Elle ne savait pas, dit-elle, naïve ou feignant de l'être. Elle a téléchargé beaucoup pour préparer des compils à sa soeur, qui partait en Inde. Y compris des trucs comme Sardou (qu'elle n'aime pas), histoire de bâtir un panorama de la musique française à destination des étrangers. Les policiers l'ont convoquée, évoquant une peine de trois ans de prison, si bien qu'elle croit d'abord « à une blague ou à une caméra cachée ». Puis elle comprend, prend peur et envoie sa lettre.
Anne-Sophie Lainnemé en couverture de Télérama du 23 octobre 2004.
Il faut bien admettre qu'Anne-Sophie ressemble à s'y méprendre à une erreur de casting. Les plaignants n'ont pas eu la chance de tomber sur un profil de truand ou de petite frappe, parfait dans le rôle d'exemple. Elle donne plutôt dans la bru idéale : 28 ans, mélomane, cultivée, affable. Modèle de consommation culturelle bien comme il faut - elle a un abonnement au Théâtre national de Bretagne, possède plus de trois cents disques (Bertrand Belin et Mercury Rev parmi les plus récents), écume les concerts (Andrew Bird, Syd Matters), s'est procuré le dernier Harry Potter, griffonne elle-même quelques chansons. Elle dit ne pas avoir téléchargé pour voler mais « pour découvrir ». « Je ne serais jamais allée voir Jeanne Cherhal en concert si je ne l'avais pas eue sur mon ordinateur. » Récemment, elle a voulu acquérir un titre légalement, « par curiosité ». Un morceau estampillé « nouvelle chanson française » qu'elle n'a trouvé sur aucune plate-forme payante. Comme quoi... dit-elle. De toute façon, Anne-Sophie ne possède pas de baladeur MP3. En revanche, elle vient de récupérer une platine vinyle. Elle aime ça, le disque. « Je suis attachée au support, ça date de mon enfance, du vieux magnéto à bandes que possédaient mes parents. »
Notre rencontre a lieu dans un café, à Rennes. Elle sort tout juste de son stage à l'IUFM - elle se prépare au métier d'instit. On croit comprendre que ça l'embêtait de venir, elle qui rêve d'oublier, un an après. De se faire oublier. Elle a déménagé à la campagne. Habite une maison qu'elle vient d'acheter avec son mari, à 20 kilomètres du chef-lieu breton. Elle continue de suivre l'actualité Internet à travers les blogs ou les journaux. A racheté un disque dur pour son ordinateur. Et repris une vie normale.
Une première condamnation l'a pourtant fait trembler en février. Alain Oddoz, enseignant lui aussi, en prenait pour 15 000 euros. « Pour un prof, c'est plus de six mois de salaire. C'est vraiment plomber la vie d'un jeune pour un problème strictement commercial. » Puis, plus rien jusqu'en juin. « Je me suis dit : ça se tasse. Ils ont compris qu'ils avaient fait fausse route. » Quand soudain tombent deux autres décisions, concernant des cas semblables au sien : 4 000 euros d'amende et dommages et intérêts pour l'un, deux mois de prison avec sursis pour l'autre. « Là, ce fut le coup de massue. C'est disproportionné : on prend deux mois de prison pour incitation à la haine raciale ou pour s'être offert un enfant roumain prostitué. Moi, j'ai peut-être commis un délit, mais je n'ai pas porté atteinte, physiquement, à qui que ce soit. »
Elle sait pourtant qu'elle risque ce genre de peine, elle, « téléchargeur du dimanche » pincé pour mille cinq cents titres quand ses copains en ont quinze mille. Elle n'a pas contacté d'avocat, veut se défendre seule, sait qu'elle a les médias avec elle et, en cas de condamnation, a déjà prévu de faire appel. « Si besoin, mes amis se cotiseront pour m'aider à payer. » Anne-Sophie dit cela mais n'y croit pas, ne veut pas le croire. Comme si elle comptait sur sa baraka de Jeanne d'Arc du piratage. « Je crois qu'ils m'ont oubliée, sourit-elle, avec un aplomb désarmant, entre optimisme et naïveté. C'est possible d'oublier un dossier, non ? » En face, on se contente d'une moue, sceptique. Aux dernières infos, Anne-Sophie devrait passer devant le juge courant janvier.
Erwan Desplanques
Télérama n° 2912 - 2 novembre 2005


11:10 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (46) | Envoyer cette note
mercredi, 23 mars 2005
Du rififi chez les "grands"...
Le disque passe le périphérique
Confrontées à une crise sans précédent, les majors de la musique quittent leurs sièges classieux du centre parisien. Parcours parfois joyeux.Souvent funèbre.
C’est un signe qui ne trompe pas. Dans les open bars des majors, le champagne a été remplacé par le Campari. Et les petits-fours font désormais l’objet d’un rationnement. Preuve flagrante que l’industrie du disque ne tourne plus rond. En 2003, le secteur a vu ses ventes baisser de 15%, et au premier trimestre 2004, la dégringolade a atteint 20%. Alors, chez EMI, Universal, Warner et autres Sony, on se serre la ceinture et on réduit sérieusement la voilure. Le refrain du moment: économies, économies… Une rengaine qui se décline en deux faces. FaceA: restructurations en série. FaceB: délocalisations. Finis les sièges sociaux rutilants dans le centre parisien. Bonjour le charme discret de la périphérie.
Premier à lancer le mouvement, Virgin a quitté, mi-avril, ses locaux prestigieux de la place des Vosges pour la porte de Clignancourt et la rue du Mont-Cenis. Construit sur un ancien site de la SNCF, le bâtiment lumineux et spacieux a été conçu par Renzo Piano. Une salle de concert attenante devrait ouvrir avant la fin de l’année. Officiellement, le déménagement était prévu de longue date, EMI et Virgin souhaitant regrouper leurs équipes suite à leur fusion. Officieusement, en ces temps de crise aiguë, la réduction de loyers induite sera la bienvenue. Côté salariés, le changement de standing ne semble pas avoir fait trop de vagues.Il est vrai que d’autres tracas occupent les esprits: le plan social en cours. Sur les 340salariés que compte l’entreprise, une soixantaine devraient rester sur le carreau. Du coup, on a ressorti banderoles et slogans. Le 2juin dernier, près de 85% des salariés d’EMI-Virgin étaient en grève et participaient, place du Palais-Royal, à la première manifestation inter-majors de l’histoire.
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Dans le cortège, les salariés d’Universal étaient venus avec une banderole spécifique: «Saint-Cloud, c’est sans nous! » Une allusion au possible départ vers la banlieue de l’entreprise et de 400salariés actuellement installés à l’ombre du Panthéon, rue des Fossés-Saint-Jacques. Le bail arrivait à terme en avril 2003. Depuis, il n’avait pas été renouvelé. Universal, squatteur de luxe! «Le propriétaire avait augmenté son loyer annuel de 1million d’euros, explique un syndicaliste. Trop cher au goût des dirigeants.» La rumeur a alors envoyé Universal Music sur le site de La Plaine Saint-Denis, puis du côté des anciens locaux de Dassault, sur les quais de Seine à Saint-Cloud.
« Les dirigeants n’étaient pas chauds pour Saint-Denis, question d’image.Et les salariés opposés au site de Saint-Cloud, mal desservi par les transports en commun», explique Alain Genod, délégué syndical CFDT. Partira, partira pas? D’après Pascal Negre, le patron de la major, le déménagement ne serait plus à l’ordre du jour.
En revanche, chez le concurrent Sony Music, le déménagement est bel et bien planifié. En septembre prochain, la firme japonaise quittera les 8700m2 qu’elle occupait avenue Wagram pour rejoindre une aile du bâtiment louée depuis quelques années par Sony France à Clichy-sous-Bois. Juste en bordure de périphérique. Elle y rejoindra les sièges de Virgin Megastore, L’Oréal et Citröen, déjà implantés sur place. «Au moment de la renégociation, explique Alain Prigent, directeur général de Sony France, la maison mère au Japon nous a alors vivement conseillé d’occuper une partie vide du bâtiment de Sony France.» En passant le périf, la firme a réduit ses coûts de location de moitié. Mais pour les salariés, terminées les balades avenue de Courcelles ou au parc de Monceau. «Désormais plus besoin d’avoir une adresse parisienne prestigieuse pour attirer les artistes», assure Alain Prigent. Les visites de Maria Carey en talons aiguilles et limousines grand format à Clichy-sous-Bois vaudront leur pesant d’or. Chez les salariés, là encore, la future fusion-effusion avec BMG et les probables suppressions de postes qui suivront si le rapprochement obtient l’aval de Bruxelles inquiètent davantage que le déménagement. «On se fait une raison! On espère que les économies réalisées permettront de limiter les licenciements.»
BMG vient de renouveler son bail place de la Bourse. Warner, avenue Mac-Mahon, serait également épargné par les délocalisations.Pas par les dégraissages. Racheté par Edgar Bronfman, un homme d’affaires ayant fait fortune dans les alcools et spiritueux, ses salariés ont la gueule de bois. Par l’entremise d’une erreur de transmission de mail, ils ont appris en mai la suppression d’une cinquantaine de postes. Lendemains qui déchantent. Vincent Monnier
12:00 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note





